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Jeumont,
ville d'échanges et de passage était appelée au début de notre
ère (an 868), JOVIS MONS, Mont de Jupiter. C'était un poste
militaire romain placé sous la protection de Jupiter. L'époque
médiévale a vu l'édification d'un château (12ème siècle). Les
seigneurs de Jeumont étaient membres de la puissante famille des
Seigneurs de Barbançon. A la fin du 18ème siècle, Vauban, dans
son programme de fortification du nord de la France, établit une
ligne de défense de Mons (Belgique) à Jeumont.
Sur 100 ans, au 19ème siècle, la population de
Jeumont s'est multipliée par 10 et sur la première moitié du
vingtième siècle elle a doublé en nombre d'habitants. Terre
d'édification, Jeumont a vu s'implanter une très importante
activité industrielle ainsi que le développement d'un habitat
dense de qualité.

Jeumont
traversée par les voies fluviales, les lignes internationales de
chemins de fer (Moscou, Varsovie, Berlin, Namur, Liège, Charleroi
... en direction de Paris) a été une ville frontière de premier
plan dans tous les domaines. C'est ainsi que de nombreux chefs
d'état et aux autres personnalités eurent l'occasion de découvrir
Jeumont, notamment les tsars qui voyageaient entre Paris et Moscou.
Georges Simenon a utilisé la gare de Jeumont, construite en 1860,
comme théâtre d'un de ses romans.
Depuis 40 ans, Jeumont s'est agrandie, s'est
modernisée, a mis en oeuvre une politique pour la jeunesse, de la
culture et des sports. La ville a développé l'action sociale et a
amélioré son cadre de vie pour devenir une ville moderne et
agréable malgré les difficultés économiques de cette fin de
siècle.
C’est une terre d'Histoire mais aussi de
culture, d'une culture urbaine empreinte de ruralité. En effet,
Jeumont fait partie d'un chapelet de villes moyennes, long de 25
kilomètres, suivant les méandres de la Sambre qui se jette dans la
Meuse. Cet ensemble de communes, dit du Val de Sambre, est au coeur
d'une région ouverte, l’Avesnois, appelée "La Petite Suisse
du Nord". Et là, qu'il s'agisse d'art et de patrimoine, de
culture et de tradition, de gastronomie et de terroir, l’Avesnois
ne souffre pas de la comparaison avec les autres régions de France.
Pays du Maroilles, fin fromage fort, mais aussi des anciennes
brasseries du 18ème siècle, les carnavals et foires y sont
légions. C'est aussi la Terre des Géants, tradition du Nord encore
très et vivante.
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Le
département du Nord est celui où nous rencontrons le plus
d'artisans d'art en France. Dans l’Avesnois, une tradition
dans les métiers de la pierre et du marbre a obtenu ses lettres
de noblesse : des cheminées du château de Versailles sont
en marbre de Coussolre. La vallée du marbre de Bellignies a
connu ses heures de gloire, les carrières et les marbriers y
étaient organisés en corporations et un compagnonnage très
local était implanté. Les plâtriers font toujours banquet à
la Saint-Luc et sont organisés en société.
La fête de la Saint-Joseph concerne
tous les métiers du bois et les fêtes patronales, liées aux
métiers de l'industrie y sont encore très vivantes. Très
localement, autour de la ville de Solre, nous trouvons le
château à 15 kilomètres de Jeumont, une concentration de
clochers et tourelles à bulbe très impressionnantes. Les
charpentiers y ont marqué leur passage. La présence
d'ardoisières dans les Ardennes a pendant des siècles permis
de coiffer les bâtiments d'ardoises de très grande qualité,
surtout en Thiérache, au sud de l’Avesnois. Les ouvrages de
ferronnerie attestent de savoir-faire très implantés, et les
maçons du Nord, en mariant briques et pierres bleues par des
appareillages dont ils ont seuls le secret, ont apporté
beaucoup de couleurs au patrimoine local.
Cette terre de labeur, ces empreintes de
savoir-faire et les traditions de métiers encore vivantes sont
autant de signes d'une région très sensible aux métiers de la
construction et au patrimoine. Ce fut une terre de passage pour
nos Compagnons qui l'ont d'ailleurs chantée :
En revenant des
Flandres
L’était un Compagnon qui revenait des Flandres
Avait suivi l’Escaut, la Meuse et ses méandres
Revenait sur Paris pour y monter en Chambre
Et dire à nos coteries qui voudraient bien l’entendre
Sur le grand Tour de France, il y a du bon temps à prendre
Des marbres d’Athéna aux vieux beffrois des Flandres
Du pays d’acacia aux forêts des Sicambres
Là, nos vieux Devoirs peuvent bien s’y défendre !
Si les pavés sont durs, les filles ont les yeux tendres
Allons les gars, la liberté n’est pas à vendre !
L’auteur de la chanson, Coteries, n’est pas de Flandre
Les bords du bleu Léman, pour lui valent la Sambre
Là, chez Fraternité, venez aussi vous rendre !
Flottez Couleurs !
Roulez Rouleurs !
Qu’il fait bon voyager
Au Devoir Etranger !
P.
BAUMANN - Genevois, la Fraternité de Plainpalais.

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